L'importance
militaire de Kelibia découle de sa position stratégique
dans la Méditerranée. Tout en constituant un important
passage entre les deux bassins de cette mer, elle est une des rares
places d'Afrique capable, en cas de grands conflits maritimes, de
neutraliser les bases de Sicile, de Malte, de Gibraltar. Kelibia est
aussi la citadelle du Cap-Bon tunisien, sa chute a souvent entraîné
celle de la presqu'île et des places du golfe de Tunis.
La cité antique, bâtie aux pieds de l'éperon rocheux
que couronne la forteresse, fut une des principales métropoles
de la Tunisie jusqu'au XIème siècle.
Sa décadence, liée à l'effondrement de la marine
de guerre tunisienne à l'époque Ziride (Xème
; XIème siècle ) fut accélérée
par les diverses occupations normandes ( 1083 ; 1112 ). Une partie
de ses habitants, désirant alors se mettre à l'abri
des dizaines des flottes siciliennes fondèrent, à 2km
à l'intérieur des terres, l'agglomération actuelle.
Les deux villes coexistèrent durant un siècle, mais
à partir l'époque Hafside (XIIème siècle),
les sources n'évoquèrent plus de vieille cité,
qui fut totalement abandonnée. Toutefois, grâce à
sa position stratégique, les princes de Tunis continuèrent
à réparer la citadelle, l'actuel Bordj, qui avait toujours
constitué l'une des principaux lieux de la côte tunisienne.
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